Toutes les formes de vie consacrée sont si variées dans l’Eglise qu’on a peine à s’y retrouver !
Voici un tour d’horizon que nous donne le pape St Jean-Paul II (Vita Consecrata, exhortation apostolique post-synodale sur la vie consacrée, du 25 mars 1996) : repères pour mieux nous réjouir de la variété des dons de l’Esprit-Saint dans notre Église.
Clergé diocésain

Par le sacrement de l’ordination sacerdotale, la mission confiée par le Christ à ses Apôtres continue à être exercée dans l’Église jusqu’à la fin des temps. Il est le sacrement du ministère apostolique. Ceux qui reçoivent le Sacrement de l’Ordre sont consacrés pour être, au nom du Christ, par la parole et la grâce de Dieu, les pasteurs de l’Église. Depuis les origines de l’Église, le ministère ordonné a été conféré et exercé à trois degrés: celui des évêques, celui des prêtres et celui des diacres. C’est dans un séminaire, tel que le séminaire de Versailles pour notre diocèse, que sont formés les futurs prêtres diocésains. (Contact : P. Mathieu de Raimond, responsable des vocations du diocèse)

Vie monastique

“Dans sa forme actuelle, inspirée surtout de saint Benoît, le monachisme occidental est l’héritier d’hommes et de femmes nombreux qui, après avoir quitté la vie selon le monde, cherchèrent Dieu et se donnèrent à lui, “sans rien préférer à l’amour du Christ” (Règle de saint Benoît). Aujourd’hui encore, les moines s’efforcent de concilier harmonieusement la vie intérieure et le travail dans l’engagement évangélique de la conversion des mœurs, de l’obéissance et de la stabilité, ainsi que dans la pratique assidue de la méditation de la Parole (lectio divina), de la célébration de la liturgie, de la prière. Les monastères ont été et sont encore, au cœur de l’Église et du monde, un signe éloquent de communion, une demeure accueillante pour ceux qui cherchent Dieu et les réalités spirituelles, des écoles de la foi et de vrais centres d’études, de dialogue et de culture pour l’édification de la vie ecclésiale et de la cité terrestre elle-même, dans l’attente de la cité céleste.” (Vita Consecrata, §6)

  • exemples : bénédictins et bénédictines (saint Benoît, sainte Scholastique…) cisterciens et cisterciennes (saint Bernard…), etc
Instituts de vie contemplative

“Ils sont pour l’Église un motif de gloire et une source de grâces célestes. Par leur vie et par leur mission, les personnes qui en font partie imitent le Christ en prière sur la montagne, elles témoignent de la seigneurie de Dieu sur l’histoire, elles anticipent la gloire future. Dans la solitude et dans le silence, par l’écoute de la Parole de Dieu, la pratique du culte divin, l’ascèse personnelle, la prière, la mortification et la communion de l’amour fraternel, elles orientent toute leur vie et toute leur activité vers la contemplation de Dieu. Elles offrent ainsi à la communauté ecclésiale un témoignage unique de l’amour de l’Église pour son Seigneur et elles contribuent, avec une mystérieuse fécondité apostolique, à la croissance du Peuple de Dieu.” (Vita Consecrata, §8)

  • exemples : carmélites (sainte Thérèse d’Avila…), chartreux (saint Bruno…), clarisses (sainte Claire…), dominicaines contemplatives et bien d’autres encore…
Instituts religieux apostoliques

“En Occident, on a vu fleurir au long des siècles de nombreuses autres expressions de vie religieuse, qui ont permis à d’innombrables personnes, renonçant au monde, de se consacrer à Dieu par la profession publique des conseils évangéliques selon un charisme spécifique et une forme de vie commune stable, pour les différentes formes d’apostolat auprès du Peuple de Dieu. Il en va ainsi pour les diverses familles de Chanoines réguliers, les Ordres mendiants, les Clercs réguliers et, de manière générale, les Congrégations religieuses d’hommes et de femmes qui s’adonnent à l’activité apostolique et missionnaire ainsi qu’aux œuvres multiples suscitées par la charité chrétienne. C’est un témoignage magnifiquement varié, qui reflète la multiplicité des dons communiqués par Dieu aux fondateurs et aux fondatrices. Ceux-ci, ouverts à l’action de l’Esprit Saint, ont su interpréter les “signes des temps” et répondre de manière éclairée aux exigences qui apparaissaient progressivement. Sur leurs traces, bien d’autres personnes ont cherché par la parole et par l’action à incarner l’Évangile dans leur existence, pour manifester en leur temps la vivante présence de Jésus, le Consacré par excellence et l’Apôtre du Père. Les religieux et les religieuses doivent continuer à prendre le Christ Seigneur pour modèle à toute époque, nourrissant dans la prière une profonde communion de sentiments avec Lui (cf. Ph 2,5-11 ), afin que toute leur vie soit animée d’un esprit apostolique et que toute leur action apostolique soit pénétrée d’un esprit de contemplation.” (Vita Consecrata, §9)

  • exemples : dominicains (saint Dominique…), carmes (saint Jean de la Croix…), jésuites (saint Ignace…), franciscains (saint François, saint Bonaventure…), prémontrés (saint Norbert…), Frères des Ecoles Chrétiennes (St Jean-Baptiste de la Salle), ursulines (sainte Angèle Merici), Chanoines réguliers de la Mère de Dieu (Lagrasse), Dominicaines du Saint-Esprit, etc
Instituts séculiers

“L’Esprit Saint, admirable artisan de la variété des charismes, a suscité en notre temps de nouvelles expressions de la vie consacrée ; cela paraît répondre, selon un dessein providentiel, aux besoins nouveaux que rencontre aujourd’hui l’Église pour accomplir sa mission dans le monde. On pense d’abord aux Instituts séculiers, dont les membres entendent vivre la consécration à Dieu dans le monde par la profession des conseils évangéliques dans le cadre des structures temporelles, pour être ainsi levain de la sagesse et témoins de la grâce à l’intérieur de la vie culturelle, économique et politique. Par la synthèse de la vie séculière et de la consécration qui leur est propre, ils entendent introduire dans la société les énergies nouvelles du Règne du Christ, en cherchant à transfigurer le monde de l’intérieur par la force des Béatitudes. De cette façon, tandis que leur totale appartenance à Dieu les consacre pleinement à son service, leur activité dans les conditions laïques ordinaires aide, sous l’action de l’Esprit, à donner une âme évangélique aux réalités séculières. Les Instituts séculiers contribuent ainsi à assurer à l’Église, selon le caractère propre de chaque Institut, une présence efficace dans la société.” (Vita Consecrata, §10)

  • exemples : l’Institut Notre-Dame de Vie, Communauté Saint-Martin, etc
Sociétés de vie apostolique

“Il convient de mentionner spécialement les Sociétés de vie apostolique ou de vie commune, masculines et féminines, qui poursuivent avec leur style propre une fin spécifique apostolique ou missionnaire. Chez nombre d’entre elles, les conseils évangéliques sont assumés par des liens sacrés que l’Église reconnaît expressément. Toutefois, même en pareil cas, la particularité de leur consécration les distingue des Instituts religieux et des Instituts séculiers. Il faut sauvegarder et promouvoir la spécificité de cette forme de vie qui, au cours des derniers siècles, a produit tant de fruits de sainteté et d’apostolat, notamment dans le domaine de la charité et de la diffusion missionnaire de l’Évangile.” (Vita Consecrata, §11)

  • exemples : oratoire de France, lazaristes (saint Vincent de Paul…), Filles de la Charité (sainte Louise de Marillac…), eudistes (saint Jean Eudes…), sulpiciens, Missions étrangères de Paris, Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, Institut du Christ-Roi, Missionnaires de la Miséricorde divine, etc