La boue sur le visage et quelques brins d’herbe mangés…

Chers paroissiens,

Le mercredi 24 février 1858, lors de la 8ème apparition de Notre Dame à Lourdes, l’extase commence, et aussitôt le visage de Bernadette s’assombrit et des larmes coulent. Bientôt elle se lève et gravit lentement la pente qui précède le rocher, s’agenouillant à chaque pas pour se prosterner et baiser la terre. Après avoir écouté la Dame, Bernadette se tourne, les yeux pleins de larmes,vers les assistants, et jette ce terrible cri à travers ses sanglots : « Pénitence ! Pénitence! Pénitence ! »

Le jeudi 25 février 1858, c’est la 9ème apparition et la découverte de la source miraculeuse. Bernadette obéit aux paroles de la Dame : « Ma fille, allez boire à la fontaine et vous y laver, et mangez l’herbe qui pousse à côté. » Aucune trace d’eau à l’endroit indiqué ; Bernadette se met à faire un petit trou dans la terre. Du creux de la main, elle porte à sa bouche un peu d’eau boueuse, sans oser y toucher, et mange quelques brins d’herbe. C’est de la dorine, une sorte de cresson sauvage au goût très amer. Tante Bernarde, compatissante et gênée, sort un mouchoir de sa poche, afin de nettoyer le visage de sa nièce. La foule crie à la folie de cet enfant qui prétend voir la Sainte Vierge.

Si nous comprenons la nécessité de faire pénitence en raison du péché, et en raison de l’exemple donné par le Seigneur Jésus, les modalités de cette pénitence reste parfois mystérieuses.

« Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8,12).

Retenons qu’il y a en Dieu la simplicité, l’infinité, l’immensité, l’éternité. Il y a en Dieu pour nous quelque chose de très clair, et il y a en lui pour nous quelque chose de très obscur. Cette obscurité en Dieu vient de ce qu’il est beaucoup trop lumineux pour les faibles yeux de notre intelligence, qui ne peuvent supporter son infinie splendeur.

Demandons au Seigneur de sortir par le haut de toutes les incohérences du

moment. Il faut le prier pour qu’Il nous donne la lumière des dons du Saint-Esprit

pour cheminer comme il faut en ce clair-obscur de la vie présente. L’erreur et le

découragement consisteraient à nier le clair à cause de l’obscur, et à mettre par

suite l’absurdité à la place du mystère. Il faut laisser au mystère sa vraie place.

Sainte Bernadette nous a laissé son petit carnet de notes intimes. On y trouve ces quelques lignes qui sont les conseils de Marie :

Courage, mon enfant, tu as trouvé la Perle précieuse qui achète le royaume des Cieux. Aimer toujours ce que Dieu veut… Le Vouloir toujours… Le Désirer toujours, le Faire toujours…C’est le grand secret de la perfection, la clef du paradis, l’avant-goût de la paix des saints…

Je vous bénis                                                        Abbé Renaud de La Motte, curé

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