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      Simon ... tu t’appelleras "Pierre"

Simon ... tu t’appelleras "Pierre"

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  • 2 juin 2014
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La confiance en l’Eglise
du Révérend Père de Chivré, op.


Il (André) l’amena à Jésus. Jésus le regarda et dit : tu es Simon le fils de Jean, tu t’appelleras Céphas ce qui veut dire Pierre. Jn I, 42.

L’Évangile est si simple dans ses récits qu’on passe sans le savoir à côté de scènes inouïes de grandeur tellement elles rendent présents les siècles à venir dont elles annoncent les tragédies spirituelles et morales.

Jean le baptiste venait de baptiser Jésus. Sous la forme d’une colombe, l’Esprit d’amour ratifie le geste du Précurseur en confirmant la divinité du Christ, Sa mission et Sa transcendante sagesse. Dès le lendemain Jésus actualise cette charge héroïque de sauver le monde en choisissant les quatre premiers préférés qui l’accompagneront au long de sa vie apostolique.

Et voici la scène décisive où se joue l’histoire de l’Église jusqu’à la fin du monde. Parmi les quatre, André venait de s’attacher à Jésus, il en parle à son frère Simon lequel se laisse conduire au Christ. Les deux hommes se dévisagent, Jésus regarde Simon avec insistance, ce dernier se sent classé, j’allais dire étiqueté avec une précision qui le bouleverse.

Tu es Simon le fils de Jean, tu t’appelleras Céphas ce qui veut dire Pierre.

Et voilà qui est fait : simplement, inébranlablement.

Les autres gardent leur nom. Le Christ, animé par le Saint Esprit, isole Simon, le classe dans une destinée insolite et immuable : celle de participer à la solidité et à la consistance de la pierre, lui, l’impulsif, le spontané, l’enthousiaste et l’émotif ardent et tendre. Changer le nom d’un homme ordinaire c’est lui confier la responsabilité d’une fonction secrète ou officielle correspondant au sens du nom. Simon devient le responsable de Pierre, et Pierre le responsable de ce que ce mot signifie comme fermeté dans l’amour et comme fidélité dans le rôle à remplir et dans la durée inébranlable de la fonction. Simon s’entend changer son nom par le Seul qui puisse d’autorité agir sur la personnalité d’un homme tout en respectant le composé humain naturel de cette personnalité. Simon s’entend nommer Pierre par la voix qui commandera tout à l’heure à la lèpre de disparaître, à l’ouragan de s’apaiser, à la mort de céder la place. Il est désigné : "Céphas", par une voix issue d’un Esprit qui n’admet pas d’erreur, ne se repent jamais de ses décisions et ne renonce jamais à ses promesses. Pierre est submergé par cet apport de pouvoir, de mise à part, de choix absolu et Simon en reçoit l’envahissement dans la fragilité de son tempérament avec l’inévitable stupeur causée par la disproportion, la dissemblance, qu’il saisit spontanément entre Pierre et Simon, entre le Pasteur de l’Eglise et le pêcheur de poissons.

Jésus le regarda, nous dit l’Evangile, ça parait tout simple et pourtant ce regard n’aura lieu qu’une seule fois, c’est dire s’il arrivait brûlant de décision du tréfonds de l’âme de Jésus, car le regard est le langage de l’âme, et de quelle âme : celle du Verbe.

Le regard de Dieu :
- une seule fois posé sur le néant : c’était la création.
- une seule fois posé sur Marie : c’était l’Incarnation.
- une seule fois posé sur Simon : c’était Pierre... et on n’en parlerait plus jamais pour savoir si c’est oui ou si c’est non.

Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre Elle.

En dehors de Pierre Jésus n’a rien fondé. Il a groupé autour de Pierre, sans changer les noms. Les compagnons de Pierre choisis avec lui, ne le furent pas comme lui ; Jésus ne changea pas leur nom pour les isoler au point où Pierre le fut, ils furent choisis comme apôtres, mais l’apôtre Simon fut choisi comme une pierre d’angle mise de côté en attendant la construction de l’édifice : l’Église.

Ce regard transmettait à Pierre l’inamovible lumière sur Dieu, sur Sa Vérité, sur la divinité de Jésus, sur Jésus Fondateur. Cette apostrophe : tu es Simon... désormais tu t’appelleras Pierre, c’est la désignation d’une nouvelle existence accompagnée de l’impératif des secours qu’elle va supposer. Simon ne peut plus faire autrement que de communier aux qualités de la pierre, distribuées par l’irrésistible autorité de Jésus à la fragilité de Simon.

Et l’aventure va commencer : ce combiné, cet amalgame, cette alchimie miraculeuse de Simon forgé par Pierre, de Pierre compromis par Simon ; de Simon demeurant inférieur à Pierre et de Pierre demeurant tenace et plus fort que Simon. L’aventure commencera du reniement au "non possumus", du "quo vadis" du premier Pape ébranlé à la crucifixion du premier Pape enraciné dans l’amour.

Ainsi se tissera la trame historique de l’Église : fil d’or des décisions infaillibles des Pontifes prolongeant Pierre, fil noir des humanités pontificales prolongeant Simon, et dans ce chevauchement incompréhensible des fils d’or entremêlés aux fils noirs, on sent l’aiguille ténue et manipulée par une main invisible inébranlablement attentive à tracer sur la trame l’admirable anagramme du Christ Roi et du Crucifié Ressuscité.

Jamais aucun Pape n’a contrarié le passage de l’aiguille dans la trame au point d’en défigurer l’anagramme et d’y laisser inscrire un autre nom :
Christus vincit
Christus regnat
Christus imperat

Voilà Pierre, voilà Paul VI et entre les deux voilà tous les autres, les Borgia compris...

La confiance est absolue : regarder Simon c’est voir un homme, mais regarder Pierre c’est voir l’ombre de Jésus Christ se profiler sur les portes de l’enfer, j’entends sur la variété indéfinie des puissances de haine et d’astuce à ébranler une barque au fond de laquelle Dieu se repose et se réveille à la voix de Simon-Pierre.
La voix qui tremble : celle de Simon.
la voix pleine d’autorité : celle de Pierre.

La Confiance n’est plus alors un problème de capacités au sens technique du mot, elle n’est pas davantage un problème de fatalisme supérieur, elle est un problème d’intelligence surnaturelle.

L’Église n’est pas une société qui supporte la comparaison avec celles qui président aux affaires humaines. Les modalités de raisonnements sont diamétralement opposées.

- les affaires existent pour augmenter leur chiffre d’affaire et pour ce, mettent en fonctionnement le matérialisme des intérêts, des concurrences, des profits, des propagandes... elles augmentent leur volume immédiat pour des résultats immédiats, leur confiance est une question de bilan.
- l’Église, société humaine, est bien obligée d’adopter l’usage des modalités matérielles propres à l’activité humaine, mais comme un moyen surveillé par la responsabilité du salut, tenue de ne jamais agir au profit d’un bilan et obligée de canaliser ces modalités matérielles entre les berges du refus de thésauriser pour elle : vertu de pauvreté, et du refus de jouir prioritairement de ces modalités : vertu de pénitence. Qu’il s’agisse du Pape, des Évêques, des prêtres, des confirmés, des baptisés, du moment que leur sens du salut est animé effectivement non par des perspectives de bilan, mais par l’esprit de pauvreté et de pénitence, ils sont d’Église, la confiance leur est due. S’ils revendiquent ces deux vertus non pour favoriser le salut, mais pour le compromettre par une politisation de l’Église sous des apparences de perfection, déshumanisant sa fonction universelle de sauver, ces fidèles trompent l’Église en la voulant plus vraie. Ils en faussent le sens, ils socialisent l’Église au lieu de la maintenir sociale.

La grâce pontificale est de discerner les gauchissements imposés par des programmes d’action inspirés en apparence par des vertus réservées à l’Église, mais ramenées à des applications politiques inavouées.

Notre confiance doit demeurer absolue parce qu’elle s’origine à la constante qui définit l’Église : Tu es Pierre, désigné par Moi, l’Immuable, et ton activité, en tant que Pierre, est conjuguée nécessairement avec Celui qui, en te communiquant ce nom, t’en infuse les caractéristiques, même si tu t’appelles naturellement Simon.

L’Église est Une, elle ne dure pas de par la multiplicité des fonctions, au contraire, sa durée appelle la fusion de tous dans l’unité de Son Pouvoir.

L’Église est Sainte, malgré la variété invraisemblable de ses fléchissements humains, il n’est au monde aucune religion, aucune société qui détienne autant qu’elle les secrets de la sainteté, quel que soit le nombre réduit de ses saints. A Elle va la confiance absolue de qui veut surnaturaliser sa vie indépendamment de ses ministres, car ce ne sont pas eux qui ont le pouvoir humain de sanctifier, c’est Jésus Christ, Un en tous ses ministres, qui leur passe l’Unité de ses pouvoirs divins à travers leur pauvreté humaine analogue à la pauvreté générale. Après la réception d’un sacrement, on ne repart pas muni d’une communication humaine spiritualisée à la manière de chacun, on repart avec Jésus Christ malgré l’humain par lequel Il a bien voulu passer.

L’Église est Catholique : son contenu divin appartient d’avance à tout le monde, mais l’Église n’est pas numérique : sa catholicité ne dépend pas du nombre mais de la permanence du divin absolu dans Ses Pouvoirs confiés à Pierre devenu pêcheur d’hommes. (Le pêcheur remplit une mission, une fonction, même quand il est à terre, à table avec les siens, on vient le trouver parce qu’il est pêcheur, même si, comme Simon, il n’a rien pris après une nuit de travail). L’Église, certes, fait le possible et l’impossible pour remplir les filets, mais s’il doit arriver un jour que les filets ne se remplissent plus, les poissons ayant émigré vers d’autres courants, cela ne doit ébranler en rien la confiance qu’on lui porte car ses pouvoirs demeurent dans la barque, dans le regard et dans les mains du nautonier qui tient le gouvernail ; rentrer au port sans poissons ça n’est pas rentrer au port sans pouvoir.

A chacun de vivre selon ces données inébranlables et de ne pas se faufiler hors du filet parce qu’il estime que le nombre n’y est plus. L’incommensurable esprit grégaire des bien-pensants souligne combien leur attention est bêtement sollicitée par la masse, la quantité, le comme tout le monde, au lieu de fixer immuablement leur regard sur Simon devenu pêcheur d’hommes à l’instant même où il fut baptisé Pierre.

C’est une question de foi avant tout, mais c’est aussi une question d’intelligence catholique et de catholicisme intelligent de situer ses réflexions sur la seule autorité décidée par le Christ et de savoir en tirer les décisions sans référence aux bans de poissons éparpillés dans tous les sillages qui n’ont rien d’œcuméniques puisqu’ils divergent d’avec celui du Nautonier tout blanc, le seul qui soit blanc au milieu de toutes les autres couleurs.

La confiance est la récompense de la fixité affectueuse de notre intelligence et de notre cœur sur le faisceau de lumière blanche jaillissant de la barque de Pierre.

L’Église est apostolique. Est apostolique l’action qui émane du Saint Siège par la prédication d’une doctrine communiquée au nom du Siège Apostolique. L’Apôtre est comme le rayon de soleil, il apporte ce dont il émane, il va éclairer aussi loin que possible avec la lumière jaillissant du foyer dans lequel il s’alimente. L’apôtre n’est pas un pouvoir secrètement séparé du siège apostolique, en ce cas il n’a pas plus pouvoir qu’un rayon de lumière séparé du soleil n’a pouvoir de chauffer. Il n’est pas davantage un farfelu très intelligent et volontairement indépendant d’une doctrine qui ne nourrit plus ses initiatives apostoliques. Bien moins encore, l’apôtre n’est celui qui traite le problème apostolique comme se traitent les autres problèmes, sans référence aux raisons avant tout surnaturelles de le penser.

L’apôtre est celui qui crée la confiance en ce qu’il transmet, parce qu’au sens fort du mot, c’est transmis, c’est apporté d’un autre que la sienne par l’intermédiaire de son canal à lui, canal relié au Siège Apostolique. L’apôtre crée la confiance dans la mesure où sa voix demeure personnelle dans son accent, mais apostolique c’est à dire provenant de Rome, donc de Pierre, pas d’un relais officiel autre que Rome, se faisant source différente de Rome. Apostolus Jesu Christi signait Saint Paul, apôtre du Seul Jésus Christ se communiquant à Simon-Pierre : Tu es Petrus...

Notre confiance dépend donc de notre manière de regarder l’Église, comme Jésus l’a fait : Jésus le regarda et dit : tu es Simon le fils de Jean, tu t’appelleras Céphas ce qui veut dire Pierre.

Et lorsqu’au cours de l’histoire les fidèles étaient impressionnés de reconnaître davantage Simon que Pierre, confiants, et à travers leur émotion et leur trouble, ils redisaient en secret la réflexion de Jésus : tu t’appelleras Céphas ce qui veut dire Pierre... ce qui veut dire que, Simon ne le voudrait-il pas ou ne l’oserait-il pas, le Saint Esprit le voudra pour lui et l’osera pour lui, l’histoire des Papes n’est qu’une longue illustration de ce comportement du Saint Esprit malgré Simon et avec Simon. Tu es Pierre... rien à faire, tu continues mon œuvre, tu prolonges ma puissance, tu sauves les autres par ta fidélité à ce que j’ai dit.

Et cette confiance dictée par la Foi à la parole du Christ devient une confiance expérimentée si nous nous comportons nous même comme Simon-Pierre à l’égard du Maître adoré : à qui irions-nous, sinon à Toi qui as les paroles de la Vie éternelle.

C’est si vrai que de telles paroles ne furent jamais prononcées à l’égard d’un autre que le Christ, ni par un autre que Pierre qui a le privilège de les conserver pour les redire inlassablement.

C’est si vrai que les autres paroles les mieux fabriquées avec piété, avec humanisme, avec une foi conditionnée n’ont jamais tranquillisé personne, ni jamais uni ou réuni autour de Pierre, dépositaire de Verbe.

C’est si vrai, que dès l’instant où nous autorisons la réponse de Simon-Pierre à agir sur notre réflexion, instantanément nous refusons nos préférences aux insécurités des novateurs, et nous nous enracinons un peu plus dans la sécurité du "je crois en Dieu".

Aller à quelqu’un, si respectable fut-il, sur lequel l’impératif regard de Jésus ne se soit jamais posé pour lui changer son nom, c’est aller à la pensée aventureuse d’un cerveau humain, dont les dispositions les meilleures se disqualifient dès qu’elles se refusent à demeurer en communion avec Simon-Pierre sans l’autorité duquel elles ne disposent d’aucune autorité d’Église. C’est toujours ainsi que commencent les déchirures de la robe sans couture, c’est ainsi que les distances se prennent avec l’Église en prétendant les raccourcir avec Jésus Christ en le séparant de Simon-Pierre.

Notre confiance expérimentera la paix au milieu des pans de murs qui s’écroulent, en les regardant tomber privés du ciment de soumission affectueuse à Simon-Pierre. La loi des contrastes dictera notre conduite au bénéfice de la confiance : n’en cimentera que davantage les pierres de nos raisonnements avec le ciment d’indéfectible attachement aux raisonnements de Simon-Pierre... et la tempête sera traversée.

Nous sommes à l’heure des danses macabres à la guitare ou au tam tam, les pieuses cohues vacillent de trépidations malsaines sur leurs talons surexcités, les cultes s’humanisent jusqu’à la honte, personne ne proteste, sauf les admirables paroles dites chaque mercredi par le Saint Père ; le critère est indiscutable : Dieu charge Simon-Pierre de rappeler les lois du sanctuaire comme étant réservées au Sacré, qui, lui, est réservé à Dieu, tandis que les autres tolèrent dans leur Temple des danses macabres qui évoquent les asiles avec, hélas, absence de camisole de force. Notre choix est fait, non pas pour la turpitude dorée des adaptations, mais pour l’Église de Pierre et pour aucune autre.

Rester d’Église Pontificale pour rester confiant entre les mains du nautonier et dans la barque où le Christ l’a placé. Le reste connaîtra le sort de l’écume déposée par les vagues sur les rivages déserts, ça s’évanouira sur l’humus de l’impuissance après avoir bourdonné à l’assaut de la barque divine. Garder confiance en faisant la soudure entre Simon-Pierre et nous par la même profession de foi, par le même respect de la vie, par la même fidélité au Dieu vivant dans le Christ ressuscité.

Lire ce qui vient du Pape d’abord et avant tout, régler sa vie uniquement sur ce qui procède de sa pensée ou des autres pensées en étroite communion avec lui mais pas autrement, c’est être fidèle à l’Église de Jésus Christ.

Notre confiance en l’Église dépend de notre connaissance exacte de ce qu’est l’Église :
- une société humaine rigoureusement indépendante de l’humain sans foi,
- une société divine rigoureusement dépendante des consignes surnaturelles dictées par Dieu.
Donc une société qui n’a pas à se poser le problème de plaire au monde nouveau en acceptant de déplaire à Dieu. Dégager l’Église des oripeaux païens dont les modernes pétris de lâcheté s’efforcent de la vêtir pour lui changer ses comportements divins et lui imposer des gestes païens en accord avec les oripeaux. A tout prix refuser de reconnaître l’église là où l’église s’éloigne de Pierre et fermement réagir pour nous et les enfants. Il y va de beaucoup plus que le monde nouveau qui est vieux comme le péché originel dont il voudrait se débarrasser, il y va de notre salut éternel à tous.

L’ultime raison d’être de l’Église est de conduire les hommes à leur salut éternel et de leur en assurer la récompense s’ils l’acceptent, ou de leur annoncer le jugement qui les en séparera s’ils refusent.

A qui irions-nous, sinon à Toi qui as les paroles de la Vie éternelle ?

Celle là et aucune autre.

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